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LE COMITÉ

HISTORIQUE

Le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) et la Sûreté de l’Etat (VSSE) ont longtemps opéré dans un vide juridique. La loi du 18 juillet 1991 organique du contrôle des services de police et de renseignement marque un tournant majeur en introduisant le contrôle du Comité R/I sur les services de renseignement.

Depuis, la législation n’a cessé de se développer dans le secteur du renseignement et de la sécurité.

La loi du 30 novembre 1998 organique des services de renseignement et de sécurité est venue définir pour la première fois les missions et compétences des services de renseignement civil et militaire.

Le 11 décembre 1998, deux autres lois importantes ont été adoptées. Tout d’abord, la loi relative à la classification et aux habilitations, attestations et avis de sécurité, qui a depuis connu d’importantes modifications législatives. Elle régit le système de classification et de déclassification (notamment les degrés de classification) et organise le système d’habilitations et d’avis de sécurité.

En parallèle, a également été adoptée la loi portant création d’un Organe de recours en matière d’habilitations, d’attestations et d’avis de sécurité (depuis rebaptisé Organe de recours en matière d’habilitations et d’avis de sécurité) dont la présidence et le greffe sont assurés par le Comité R/I.

En 2006, l’OCAM a été institué par la loi du 10 juillet 2006 relative à l’analyse de la menace. Depuis la création de l’OCAM, le Comité R/I en contrôle le fonctionnement conjointement avec le Comité P.

La loi du 4 février 2010, dite « loi MRD » (méthodes de recueil de données), a introduit une série de nouvelles méthodes de recueil d’informations dans la loi du 30 novembre 1998. Sur la base de cette loi, complétée en 2017, les services de renseignement peuvent faire usage de trois catégories de méthodes pour recueillir des données : les méthodes ordinaires, spécifiques et exceptionnelles selon le degré d’intrusion dans la vie privée du citoyen. Plus la méthode est intrusive, plus son utilisation sera soumise à des procédures et à des contrôles stricts. Après le premier contrôle a priori de la Commission administrative chargée du contrôle des méthodes spécifiques et exceptionnelles de recueil des données (Commission BIM), le Comité R/I est chargé du contrôle a posteriori de la légalité des décisions relatives aux méthodes spécifiques et exceptionnelles ainsi que du respect de la proportionnalité et de la subsidiarité.

En 2016 ont été créées les banques de données communes Terrorist fighters et Prédicateurs de haine (fusionnées en 2024 en une banque de données unique Terrorisme, Extrémisme, processus de Radicalisation (BDC T.E.R.)) pour lesquelles le Comité R/I a été désigné autorité de contrôle, conjointement avec l’Organe de contrôle de l’information policière (COC).

Toujours en 2016, le Règlement général sur la Protection des Données 2016/679 (RGPD) et la Directive 2016/680 ont été adoptés au niveau européen. Ces instruments règlent la manière dont les acteurs publics et privés doivent opérer lorsqu’ils collectent, sauvegardent, conservent et communiquent des données à caractère personnel. Des modifications de loi substantielles ont alors été introduites au niveau national afin de mieux réglementer le traitement des données à caractère personnel. En particulier, la loi du 3 juillet 2018 relative à la protection des personnes physiques à l’égard des traitements de données à caractère personnel désigne le Comité R/I comme autorité de contrôle compétente pour les traitements de données à caractère personnel qui relèvent de la sécurité nationale.

En 2023, la loi du 8 décembre 2022 relative aux canaux de signalement et à la protection des auteurs de signalement d’atteintes à l’intégrité dans les organismes du secteur public fédéral et au sein de la police intégrée (appelée loi sur les lanceurs d’alerte) est entrée en vigueur. Celle-ci désigne le Comité R/I en tant que canal de signalement externe, compétent pour recevoir les signalements d’atteintes à l’intégrité au sein du SGRS ou de la VSSE.

1991

Création du Comité R/I chargé de contrôler la VSSE et le SGRS

1994

Ouverture des premières enquêtes de contrôle

1998

Définition des missions et des compétences légales de la VSSE et du SGRS

1998

Création de l’Organe de recours

2003

Attribution au Comité du contrôle des interceptions effectuées par le SGRS de communications émises à l’étranger (et à partir de 2017 également celles reçues à l’étranger)

2006

Création de l’OCAM et désignation du Comité comme organe de contrôle, conjointement avec le Comité P

2010

Elargissement des méthodes de recueil de données par l’ajout des méthodes spécifiques et exceptionnelles sur lesquelles le Comité exerce un contrôle spécifique

2016

Création des banques de données communes Terrorist fighters et Prédicateurs de haine (fusionnées en 2024) et attribution du contrôle du traitement des données au Comité et à l’Organe de contrôle de l’information policière (COC)

2017

Elargissement des méthodes de recueil de données ainsi que du contrôle effectué par le Comité sur celles-ci

2018

Désignation du Comité comme Autorité de protection des données dans le domaine spécifique de la sécurité nationale

2023

Désignation du Comité comme canal de signalement externe pour les atteintes à l’intégrité au sein du SGRS et de la VSSE

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